American Gods: Guerre civile chez les dieux


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@Starz

Elle fut longue la route pour adapter American Gods. En 2011 déjà, Neil Gaiman, auteur du roman, annonçait que la chaîne HBO était intéressée par le projet. Mais il faudra finalement attendre six ans de plus pour que Starz diffuse la première saison, dont le dernier épisode est sorti cette semaine. L’attente valait-elle le coup ? Assurément.

Le héros de cette histoire est un prisonnier répondant au nom peu commun de Ombre Moon (Shadow Moon en VO). Sa vie bascule le jour de sa sortie de prison, alors qu’il apprend que son épouse vient de décéder. Désœuvré, il fait alors la connaissance d’un mystérieux personnage se faisant appeler Voyageur (Wednesday en VO) qui lui propose de l’embaucher comme chauffeur et garde du corps attitré. Mais il ne sait pas qu’il vient de s’engager au cœur d’une lutte terrible entre anciens et nouveaux dieux.

Car c’est le concept initial d’American Gods. Imaginer une lutte à mort entre les anciennes divinités (celles des religions et des mythologies) et les nouvelles idoles de l’humanité (les médias, la technologie, Internet,…). Et au milieu de ce champ de bataille, les premières victimes, les humains. Véritable part de marché, la croyance des mortels envers tel ou tel dieu est âprement disputée mais l’on comprend vite que ce sont les nouvelles divinités qui sont en position de leader, transformant peu à peu les anciens mythes en succursales franchisées.

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@Starz – Voyageur et Ombre Moon

Road-trip sur l’autoroute de la foi

American Gods est une triple invitation au voyage. Voyage au cœur de l’Amérique d’abord. Tantôt nous découvrons la survie des divinités slaves, qui partagent la vie pauvre des immigrés d’Europe de l’Est de Chicago. Tantôt la reconversion d’un antique dieu du feu en apôtre du second amendement dans un patelin de l’Amérique profonde. Voyage temporel aussi. Presque tous les épisodes commencent ainsi par un flash-back revenant sur les thèmes forts de l’histoire des États-Unis: l’esclavage, les premiers peuples, l’immigration,… Le tout revisité du point de vue des dieux.

Enfin voyage esthétique. Comme le héros Ombre Moon qui se perd dans les intrigues des forces divines, le spectateur se laisse transporter par les expériences artistiques des showrunners. Un parallèle peut être fait avec Legion, autre nouveauté de 2017, et ses délires surréalistes. On saluera la sublime séquence d’animation de l’épisode 5.

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Au niveau du casting, le duo Ricky Whittle/Ian McShane est épatant, de même que celui formé par Emily Browning et Pablo Schreiber. Peter Stormare (Prison Break) fait un retour fracassant à la télévision et Gillian Anderson (X-Files), alternant entre les costumes de Marilyn Monroe et de David Bowie, est la parfaite déesse des médias.

Le choix de la lenteur

Adapter un tel univers nécessitait de prendre du temps afin d’en exposer ses différentes facettes. La structure narrative en ait parfois déboussolée, la trame principale laissant à l’occasion la place à un élément secondaire. Le temps d’un épisode, les aventures d’Ombre Moon et de Voyageur seront ainsi délaissées au profit d’un flash-back d’une heure sur un personnage d’arrière-plan. Cette lenteur dans l’intrigue témoigne d’un certain optimisme, comme si les showrunners Bryan Fuller (Dead Like Me, Hannibal) et Michael Green (Kings, Heroes) annonçaient haut et fort : « Notre série est ici pour durer, alors installez-vous confortablement, le spectacle ne fait que commencer ».

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La décision de ne transposer que les 100 premières pages dans cette saison 1 laisse malgré tout un arrière-gout d’inachevé, comme si l’on arrêtait le film Harry Potter à l’école des sorciers au moment où Harry découvre Poudlard. Au final, ces huit épisodes forment plus un prologue qu’une saison complète. Mais American Gods reste l’une des séries les plus prometteuses de 2017. Nul doute que la guerre des dieux convertira de nombreux fidèles à sa cause.

American Gods saison 1 (8 épisodes). Starz, diffusée en France sur Amazon Prime.

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