Better Call Saul saison 3: Le spin-off pour les nuls


Better Call Saul

@AMC

Dans l’univers des séries, il y a le bon chasseur spin-off et le mauvais chasseur spin-off. Bref… Better Call Saul a repris cette semaine sur AMC, et fait clairement partie de la première catégorie. Pour rappel, la série suit les péripéties de Jimmy McGill, avocat aux méthodes peu conventionnelles, avant que celui-ci ne devienne le machiavélique et néanmoins comique Saul Goodman de Breaking Bad.  Qu’attendre de cette troisième saison ?

La saison 1 était placée sous le signe de l’humilité. Forcément. Il fallait prouver qu’un spin-offsérie dérivée se déroulant dans le même univers que la série originelle de la titanesque Breaking Bad était une bonne idée artistique et pas une excuse pour faire du fan-service et prolonger les bénéfices. Better Call Saul devait être une comédie, une sitcom. Le format adopté par Vince Gilligan, dont l’esprit tortueux a déjà accouché de Heisemberg, et Peter Gould, qui a imaginé le personnage de Saul Goodman, fut finalement beaucoup plus proche de la série-mère. Un looser attachant en guise de héros, les plaines du Nouveau-Mexique comme décor, une pincée de comédie noire, un zeste de drame, des cartels mexicains en arrière-plan… Et nous voilà embarquer pour une nouvelle odyssée avec un léger goût de déjà-vu. Le succès des premiers épisodes repose en grande partie sur la nostalgie.

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La saison 2 fut celle de l’émancipation. Better Call Saul suit un schéma, un aller-retour perpétuel entre ses origines (Breaking Bad) et son propre univers. Il y aura toujours ces points communs et ces clins d’œils qui font aussi le charme de la série. Mais Gilligan et Gould ont réussi le pari du bon spin-off: ne pas forcer le visionnage de la série d’origine pour en apprécier la valeur. Les nouvelles têtes du casting ont acquis assez de profondeur pour ne pas rougir devant les « vétérans » de Breaking Bad. On ne cherche plus le caméo de Walter White à chaque plan, on se concentre sur le cœur de l’histoire, la lutte fratricide entre Jimmy et Chuck, mais aussi sur les intrigues secondaires comme celle de Mike. La série a trouvé son rythme de croisière. Alors, que devrait nous réserver la suite ?

Pas besoin d’avoir vu les cinq saisons de Breaking Bad pour le savoir : l’histoire de Jimmy McGill n’a pas de happy end. Dès les premières images de la saison 1, on découvre une version plus âgée du personnage principal, prisonnier d’un avenir solitaire en noir et blanc où l’uniforme de fast-food a remplacé la cravate d’avocat. En toute logique, Better Call Saul devrait poursuivre dans cette voie: la lente ascension de Jimmy McGill et sa transformation en Saul Goodman.

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La comparaison avec Walter White/Heisemberg est facile à faire. Ce sont finalement les mêmes thèmes qui sont abordés dans les deux séries: l’orgueil, les ambitions frustrées et le désir de revanche qui ont causé plus de drames au cours de l’histoire que les catastrophes naturelles. Mais Jimmy n’est pas Walter et c’est là où réside l’intérêt de suivre ce spin-off: ce n’est pas une copie plus drôle de l’original ni un DVD bonus réservé aux fans absolus de Breaking Bad. C’est une nouvelle recette qui recycle des ingrédients mais change l’assaisonnement, attirant à elle des spectateurs en quête de nouvelles saveurs. C’est cette identité mi-héritière mi-exploratrice que devrait affirmer Better Call Saul dans cette troisième saison. Bref, ce que devrait savoir faire tout bon spin-off.

Better Call Saul saison 3 (10 épisodes). AMC, en France sur Netflix en J+1.

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