Legion: Quand un X-Men va chez le psy 1


Legion

@FX Network

Legion est l’une des dernières créations de FX Networks, diffusée cet hiver. Et la première incursion de l’univers X-Men à la télévision (en dehors des séries d’animations). Encore une série de super-héros me direz-vous. Oui mais non. Ici, on est plus proche des meilleurs trips psychédéliques de Mr.Robot que des costumes à collants de Daredevil. Oubliez les griffes de Wolverine et installez-vous confortablement, ovni télévisuel en approche.

David Haller (interprété par Dan Stevens) est un jeune schizophrène multipliant les séjours en hôpital psychiatrique, convaincu qu’il y est à sa place. Mais sa rencontre avec une autre patiente va le pousser à se poser de sérieuses questions sur son diagnostic. Ses hallucinations en sont-elles vraiment? Ne sont-elles pas plutôt la conséquence de capacités cachées?

Legion n’est pas l’histoire banale d’un justicier masqué qui combat le crime dans les rues de sa ville la nuit et mène une vie paisible le jour. Le héros est la première victime à sauver, de lui-même plus que d’une menace extérieure, et la première saison est centrée sur cet objectif.

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Inception au pays des X-Men

L’aventure Legion peut en dérouter plus d’un. Issue de l’écurie Marvel, la série tient pourtant plus d’Inception que de la saga cinématographique bien formatée des X-Men. Dans un même épisode, la mise en scène, le cadrage, la bande-son et la photographie peuvent changer du tout au tout en fonction des hallucinations, des rêves et des flash-backs du personnage principal. Comme si plusieurs réalisateurs et scénaristes aux vues artistiques opposées se disputaient le jouet et en remodelaient sans cesse l’identité.

Les habitués des intrigues bien balisées devront faire preuve de patience. Le rythme est décousu mais l’effet est voulu. Comment parler de la folie avec un récit qui irai simplement du point A au point B ? Pour apprécier Legion, il faut accepter de ne pas tout comprendre, voir de ne rien comprendre au début, et de se laisser porter par une expérience sensorielle originale. Car comme le confiait l’actrice Rachel Keller à Télérama, « Legion est moins une série qu’une œuvre d’art surréaliste, un collage de centaines de bouts d’images, de sensations, de sons, de couleurs, entassées en couches successives. »

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Une « Legion » de talents

Ce qui ne veut pas dire que Legion forme un tout incohérent. Ces choix artistiques donnent à la série une fraîcheur rarement ressentie dans ce type d’histoire. Et l’intrigue en elle-même en ressort renforcée, là où une production plus classique aurait rendu mortellement ennuyeuse cette lutte psychologique contre les démons intérieurs d’un psychotique assommé par les drogues et les médicaments.

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Enfin le show de la chaîne FX bénéficie d’un casting dont l’enthousiasme à participer à l’aventure est palpable. Outre Dan Stevens, impeccable névrosé à l’énergie bouillonnante, on saluera la performance de Rachel Keller en petite-amie refusant les contacts physiques, loin du rôle de faire-valoir habituel des copines de super-héros. Mention spéciale à Aubrey Plaza qui incarne à la fois la meilleure amie et un énième délire psychédélique du héros.

Noah Hawley, à qui l’on doit aussi l’adaptation télévisuelle de Fargo, signe ce qui peut déjà être considérée comme l’une des meilleures nouveautés de 2017. À ne pas rater.

Legion saison 1 (8 épisodes). FX Networks.


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